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La dévotion mariale est inhérente à la chevalerie

                        Le lien du chevalier à la Vierge Marie s’inscrit naturellement dans le lien de tout fidèle à la Mère de son Seigneur. Avant d’être adoubé, le chevalier est baptisé et confirmé, ce qui l’unit à celle dont la prière a valu au genre humain d’abord le Sauveur promis par le Père, ensuite le Paraclet promis par le Fils. Si le chevalier lutte pour une libération, pour la liberté de la prière, comme on le demande dans le Benedictus, il est lié à celle qui a enseigné la prière à Jésus puis à l’Eglise naissante.

 

                        Mais cette dépendance de la dévotion mariale du chevalier par rapport à la dévotion de tout fidèle n’est pas à sens unique : la dévotion de tous les fidèles est marquée par la dévotion du chevalier. En effet, les chevaliers, à l’aise dans le système féodal, voyaient en Marie leur suzeraine, leur Dame, et c’est à la suite de Saint Bernard et des cisterciens, dont la milice née à l’âge d’or de la chevalerie affirmait guerroyer sous l’étendard de la Reine du Ciel : la chrétienté leur est redevable de l'extension du vocable de « Notre Dame ». Et c’est tout à la fin de l’ère chevaleresque que Saint Louis-Marie pourra formuler sa doctrine de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, où le dévot est dans une soumission totale à sa Mère et sa Reine.

 

                        C’est dire que la dévotion mariale du chevalier est une composante essentielle de sa vocation, car elle est la mesure de son engagement, le critère selon lequel on juge de l’efficacité de cet engagement. Celui-ci se fait en vue de la prière, et tout spécialement de la prière en famille. La rudesse du combat exige et postule la douceur de la présence d’une mère.

 

                        Il est donc essentiel que la consécration du chevalier et de son combat au Christ Roi connaisse la médiation de la consécration à Marie Reine. La liberté de la prière est la base du rayonnement de l’Eglise, qui christianise les communautés naturelles pour les purifier. Le combat du chevalier n’est pas seulement défensif, aux frontières du Royaume de Dieu, il est pacificateur et conquérant, il établit ce royaume dans les institutions. Finalement le chevalier veut que la communauté entière des nations au sein de l’humanité soit consacrée au Christ Roi, mais puisque toute communauté doit ressembler à une famille dans toute la mesure où sa finalité propre le permet, cette consécration de la famille humaine au Roi du Ciel se comprend et se réalise mieux par la consécration au Cœur Immaculé de Marie.

 

                        Et donc, si le but nous paraît si lointain qu’il semble irréalisable, il nous est bon de nous rappeler le mot de Notre Dame à Fatima : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. »

 

En la fête de la Visitation, 2013

 

 

Voir aussi : histoire de la spiritualité chevaleresque

 

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30/09/2022
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