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Catéchèse sur l'eucharistie

PETIT EXPOSE SUR L’EUCHARISTIE

 

 

            Pour expliquer ce qu’est la messe, partons de sa partie principale. Quelle est-elle? Ce n’est pas la communion, ni l’évangile, ni le sermon, ni le Notre Père, comme le disent volontiers les enfants qu’on interroge. Le moment essentiel de la messe, c’est la consécration, c’est à dire cet instant où le prêtre dit: « Ceci est mon corps... Ceci est mon sang... vous ferez cela en mémoire de moi ».

 

 

  1. LA CONSECRATION

 

            On le sait, ces paroles sont celles que Jésus a prononcées au Cénacle le jeudi saint, juste avant d’être trahi. A la messe, ces paroles sont encore les siennes. Ce ne sont pas celles du prêtre: personne n’a jamais imaginé que le pain devenait le corps du prêtre, mais bien celui du Christ. Le prêtre ne fait que prêter sa voix à Jésus.

            Quelques questions se posent aussitôt. Jésus avait-il le pouvoir de changer le pain en son corps et le vin en son sang? En avait-il l’intention? A-t-il transmis ce pouvoir aux prêtres?

 

Le pouvoir du créateur

            Oui, Jésus avait bien ce pouvoir de changer le pain en son corps et le vin en son sang. Jésus est le Fils de Dieu. Nous proclamons dans le credo: « Par lui, tout a été fait ». Avec le Père et le Saint-Esprit, il est le créateur du monde. Or la Genèse, au commencement de la Bible, nous raconte: « Dieu dit: "Que la lumière soit" - et la lumière existe ». Donc si Jésus dit: « Ceci est mon corps », c’est bien son corps. De même pour son sang. D’ailleurs on remarque qu’il avait préparé les esprits à la manifestation de ce pouvoir en changeant l’eau en vin à Cana.

 

L’intention du Christ

            Mais, demandera-t-on, s’il en avait le pouvoir, en avait-il l’intention? Ne voulait-il pas parler par images, par symboles, comme ce jour où il dit à la Samaritaine qu’il lui donnera de l’eau vive, et où en fait il parlait du Saint-Esprit? Rappelons-nous bien ce passage de l’évangile selon saint Jean, et comparons-le à l’épisode du pain de vie, à peine plus loin dans le même évangile.

 

La Samaritaine et l’Eau Vive.

            L’histoire de la Samaritaine est racontée avec beaucoup d’humour. Visiblement Saint Jean s’amuse. Car cela s’est bien terminé, par la conversion de tout un village. Et au passage, notons que si cela a été écrit par un vieillard, il était encore tout jeune d’esprit, et se souvenait parfaitement des impressions de sa jeunesse!

            Donc Jésus s’était arrêté au bord d’un puits. Ses disciples étaient allés au village voisin. De là arrive une femme, pour puiser. Or il est midi: normalement, personne ne va puiser à l’heure la plus chaude. Déjà au plan matériel, cette femme a une vie déréglée. Et comme Jésus lui demande à boire, elle se moque de lui: elle lui fait sentir que tout homme et tout Juif qu’il est, il a besoin d’elle, une femme, une Samaritaine.

            Jésus va peu à peu renverser les rôles. C’est lui qui peut donner l’eau vive. Donne-m’en donc, si tu le peux, répond-elle de plusieurs façons. Jésus n’arrive d’abord à rien. Il change de tactique: « Va chercher ton mari ». Et la pauvre femme, dont la vie est déréglée aussi au plan moral, est bientôt forcée de reconnaître que Jésus est un prophète, puisqu’il lui dévoile tous ses péchés. Oui, il est plus grand que Jacob, le petit-fils d’Abraham, qui avait creusé ce puits. Du coup elle avertit ses compatriotes qui font un excellent accueil à Jésus. Celui-ci peut ainsi leur annoncer le don que Dieu fait par lui: le Saint Esprit, pour prier en esprit et en vérité, en tout lieu.

            Résumons donc. Pour une personne qui ne comprenait pas sa façon de s’exprimer, Jésus a expliqué que l’eau vive dont il parlait n’était pas de l’eau matérielle: c’était une façon de désigner l’Esprit Saint, l’Esprit de prière.

 

Le discours sur le Pain de Vie

            Or Jésus, un peu plus tard, a une attitude toute différente. Lors de son discours sur le Pain de Vie, après la multiplication des pains, il ne va rien faire pour retenir une foule de centaines ou de milliers de personnes. Il leur parle du pain du ciel, affirme qu’il est lui-même ce pain vivant. Oui, il est plus grand que Moïse, qui avait donné la manne au désert.

            Comme la Samaritaine, mais avec moins d’humour, les Juifs contredisent Jésus. Mais plus ils protestent, plus Jésus insiste. Il leur donnera sa chair à manger et son sang à boire. Pour obtenir la vie éternelle, il faudra absolument manger sa chair et boire son sang. Jésus ne revient en rien sur ce qu’il a dit. Au contraire, il insiste fermement. C’est bien le signe qu’il n’y a rien à retrancher sur ce qu’il a dit, aucune interprétation mitigée à donner pour éviter la rupture avec la majorité de la foule.

            Ainsi les apôtres sont-ils préparés, de loin, à ce que Jésus leur dira au soir du jeudi saint: « Ceci est mon corps ». Et les disciples sauront que Jésus ne parlait pas par image ou symbole à ce moment-là. N’en doutons pas: Jésus avait bien l’intention de changer le pain en son corps et le vin en son sang.

 

Le pouvoir donné aux apôtres

            Mais ce miracle se reproduit-il à la messe? Oui, évidement. Car Jésus dit aussitôt après: « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Ne nous y trompons pas: ce n’est pas une simple prédiction. En français, on n’a pas d’impératif futur. En latin cela existait à haute époque, mais était déjà presque abandonné à la période classique. On est donc obligé soit de recourir à l’impératif présent, soit au futur de l’indicatif.

            En fait c’est un ordre que Jésus donne à ses apôtres. Comment aurait-il pu donner cet ordre sans donner le pouvoir d’y obéir? Jésus institue là, en même temps, deux sacrements: l’eucharistie et le sacerdoce, la messe et ce qui rend apte à la célébrer. Du reste, même s’il ne s’agissait que d’une prophétie, elle ne pouvait s’accomplir qu’à condition que Jésus donne le pouvoir de la réaliser.

            Notons que seuls les prêtres peuvent dire efficacement les paroles de la consécration: ils ont reçu ce pouvoir des évêques, qui se le transmettent depuis les Apôtres. Sinon, on perdrait de vue que c’est Jésus qui exerce ce pouvoir à travers eux. On en viendrait à croire que ce pouvoir vient des hommes.

            En conclusion, nous pouvons bien en être certains: à la messe, Jésus nous donne réellement son corps à manger. Mais ne va-t-on pas nous accuser d’anthropophagie, comme on le faisait pour les premiers chrétiens? Que se passe-t-il au juste à la communion?

 

 

 

  1. LA COMMUNION

Une rencontre personnelle

            Revenons en arrière, au moment de l’offertoire où le prêtre prépare et dispose sur l’autel ce qu’il va consacrer l’instant d’après. Il place la patène au centre de l’autel, après avoir mis les hosties dans cette patène. A côté, il dépose le calice, dans lequel il a versé le vin. Nous sommes bien d’accord: à la consécration, ce qui est dans la patène devient le corps de Jésus, et ce qui est dans le calice devient le sang de Jésus.

            Donc à la communion, quand le prêtre donne à chacun une hostie, on reçoit le corps du Christ. Demandons aux enfants: « Reçois-tu aussi le sang du Christ? » A peu près immanquablement, ils répondront: « non, puisqu’il est dans le calice, et que seul le prêtre communie au précieux sang ». Il est vrai que des autorisations ont été données pour que tous puissent communier au précieux sang, au moins en certaines occasions. Mais la question reste la même: celui qui a reçu une hostie a-t-il reçu le sang du Christ?

            La bonne réponse est oui. Les enfants le comprennent facilement si on leur demande: « Si je sépare ton corps de ton sang, es-tu mort, ou bien vivant? » Bien sûr ils répondent qu’ils seraient morts dans ce cas. « Mais Jésus, est-il mort ou bien vivant? » Il est vivant, puisqu’il est ressuscité. Donc son corps n’est pas séparable de son sang. Et c’est pourquoi on peut très bien communier en recevant seulement l’hostie. D’ailleurs il y a un usage dans l’Eglise Grecque, qui nous le montre. Chez les Orthodoxes, on donne en même temps le baptême, la confirmation et la première communion aux petits enfants. Et comme ils ne pourraient pas avaler l’hostie, on leur dépose sur la langue une goutte du précieux sang: ils ont ainsi fait leur première communion!

 

Bérenger de Tours

            Il est bon alors de faire copier et apprendre la déclaration de Bérenger de Tours. Au XIème siècle ce théologien avait du mal à saisir que le pain et le vin devenaient réellement le corps et le sang du Christ. A cette époque les évêques avaient le souci que la foi catholique soit enseignée intégralement. Mais il fallut recourir au Pape. Finalement Bérenger se soumit et accepta de prononcer la déclaration qui porte son nom. On se soumet à l’Eglise ainsi, non comme un vaincu, mais en sachant que, comme Jésus, l’Eglise a les paroles de cette vie éternelle à laquelle on aspire.

            Voici cette déclaration (allégée de toutes les précisions techniques qui la rendent difficilement mémorisable):

« Je crois que le pain et le vin qui sont sur l’autel sont,

            par le mystère de la prière sainte

            et les paroles de Notre Seigneur,

            changés au vrai corps du Christ,

            qui est né de la Vierge Marie,

            qui a été suspendu à la croix,

            qui est assis à la droite du Père,

            et au vrai sang du Christ,

            qui a coulé de son côté. »

 

La communion, une rencontre avec Dieu

            Mais il faut aller plus loin. Demandons aux enfants si, lorsqu’ils communient, ils reçoivent aussi l’âme de Jésus. Bien sûr, vont-ils répondre cette fois. Ils doivent savoir qu’à la résurrection, l’âme de Jésus, toujours unie à Dieu vers qui elle est allée au moment de la mort sur la croix, est venue reprendre possession de son corps. Actuellement, notre âme est conditionnée par les lois de la matière, elle est dans le corps. Après la résurrection de la chair, c’est le corps qui obéit aux lois de l’esprit. Et c’est ainsi, en vertu de ces lois spirituelles, que Jésus peut venir en nous.

            Il faut y insister: la communion est une rencontre personnelle avec le Christ. On peut encore demander aux enfants s’ils reçoivent le fils de la Vierge Marie en communiant. Ils répondent oui. De même ils savent qu’ils reçoivent le fils de Dieu. Mais si on leur demande « Recevez-vous aussi Dieu le Père? » ils ont bien du mal à l’admettre. Pourtant, il n’y a qu’un Dieu. Si le Père était séparable du Fils, il y aurait plusieurs dieux. Et à la communion, on reçoit donc aussi le Saint Esprit. C’est une rencontre personnelle avec Dieu Trinité, par son fils Jésus, le Verbe Incarné.

 

 

III. LE VIN EN PLUS DU PAIN

 

            Il arrive - mais c’est rare - qu’un enfant demande alors: « Pourquoi donc Jésus a-t-il pris aussi le vin, puisque avec le pain devenu son corps, on reçoit déjà tout? » Si cette question ne vient pas naturellement, il faut la poser soi-même. Car c’est la réponse à cette question précise qui va nous permettre de comprendre ce qu’est la messe. Jusqu’ici nous n’avons parlé que de la transsubstantiation (c’est à dire du changement total qui se passe quand le prêtre dit « ceci est mon corps ») et de la communion. Il faut aller plus profond dans le mystère.

 

Les "sacrements" de l’Ancien Testament

            Jésus a voulu prendre aussi le vin pour la messe, en plus du pain, non pas pour que son corps et son sang soient à nouveau séparés, mais pour que soit rappelé le moment où, sur la croix, ils ont été séparés. Et il s’agit de beaucoup plus qu’un rappel. Il s’agit d’un mémorial. Il faut en effet se souvenir du moment que Jésus a choisi pour instituer l’eucharistie: juste avant sa passion, lors de la fête de la Pâque juive, quand on immolait l’agneau pascal. Parlons donc des sacrifices et des fêtes de l’Ancien Testament.

 

Le sacrifice d’Abel

            Le tout premier sacrifice dont nous parle la Bible, et dont on évoque le souvenir dans la prière eucharistique romaine, est celui d’Abel. Avec son frère Caïn, il offre un sacrifice à Dieu. Caïn offre des produits de la terre, Abel offre un animal de ses troupeaux. Le sacrifice d’Abel est accepté, celui de Caïn est refusé. Et de fait, les Hébreux auront toujours une préférence pour les offrandes d’animaux.

            Comment savait-on qu’un sacrifice était agréé par Dieu? N’oublions pas qu’à l’époque préhistorique et jusque dans l’Antiquité les sacrifices servaient à connaître la volonté de Dieu. Chez les Romains on interprétait la forme du foie des victimes pour savoir si les dieux étaient favorables; sinon, on devait recommencer les sacrifices. Pour les Juifs, le signe de la faveur de Dieu était que la fumée du feu qui brûlait l’offrande montait tout droit vers le ciel.

            Mais les Hébreux ne s’arrêtaient pas à cette apparence. La leçon du sacrifice d’Abel est que le coeur de celui qui offre doit être pur. Caïn n’avait pas le coeur pur, il était capable d’avoir des pensées de meurtre pour son frère. Après avoir vu que son sacrifice n’est pas agréé comme celui d’Abel, il tue celui-ci. En fait, le coeur de celui qui offre un sacrifice doit être pur car l’offrande est le signe qu’on veut se donner soi-même à Dieu.

 

Le sacrifice d’Abraham

            C’est bien ce qui ressort du récit d’un autre sacrifice, également présent dans la Genèse et dans le canon romain. Abraham veut offrir un sacrifice extraordinaire, il va offrir son propre fils. Dans la mentalité hébraïque, c’est comme s’il se donnait lui-même. Car il a eu ce fils de façon miraculeuse, alors qu’il était trop vieux pour avoir des enfants. Sa famille va donc s’éteindre avec lui, un esclave prendra sa place.

            On peut s’interroger sur les motifs d’Abraham. Y avait-il des sacrifices humains dans sa tribu d’origine? Ou bien en découvrant cette pratique dans le pays où Dieu l’avait conduit, s’était-il dit que ses sacrifices habituels ne valaient pas grand-chose à côté? En tout cas après Abraham, la chose sera claire: Dieu ne veut pas de sacrifice humain. Pourtant la Genèse nous dit que le sacrifice d’Isaac avait été demandé par Dieu à Abraham. Cette demande avait un caractère pédagogique, qui dépasse d’ailleurs largement la seule interdiction des sacrifices humains. En attendant, Abraham a bien l’intention de donner ce qu’il a de plus cher.

            Alors qu’ils gravissent ensemble les pentes du mont désigné par Dieu, Isaac, qui ignore tout, demande à son père: « Je vois le couteau (pour immoler la victime), le bois (pour la brûler) et le feu. Mais où est la victime? » Abraham, manifestement inspiré par Dieu, répond: « Dieu y pourvoira ». On sait la suite: l’ange de Dieu arrête le bras d’Abraham, et celui-ci immole à la place de son fils un bélier qui s’était pris les cornes dans un buisson à cet endroit.

            Dieu a-t-il donc pourvu à la victime? Oui, en donnant le bélier. Mais en fait la prophétie d’Abraham est un modèle du genre: elle désigne un événement proche, qui à son tour annonce quelque chose de plus grand et de plus lointain. Le bélier annonce par avance l’agneau sacrifié à Pâques, et nous savons que l’Agneau véritable sera le Christ. En Isaac, toute la descendance d’Abraham a été consacrée, mais le Christ seul donne sens à cette offrande: chaque année il fallait, à Pâques, offrir un agneau en attendant l’Agneau véritable, seule offrande digne du Père.

 

La Pâque de l’Ancien Testament

            Les descendants d’Abraham étaient partis en Egypte, où ils deviennent peu à peu des esclaves. Dieu veut les libérer. Il donne ses instructions à Moïse. Chaque famille du peuple hébreu devra immoler un agneau, prendre un peu de son sang pour en marquer la porte de sa maison, et manger l’agneau durant la nuit. Entre-temps Dieu aura donné un ultime et terrible signe aux Egyptiens pour qu’ils laissent partir le peuple d’Israël.

            Ainsi firent les Hébreux. Ils passèrent la Mer Rouge à pied sec, quittant la terre des faux dieux pour aller vers la terre promise par Dieu à Abraham. Là, ils pourront offrir tous les sacrifices qu’ils voudront avec un coeur purifié par l’observation des commandements que Dieu leur donnera par Moïse.

            Et chaque année ils devront faire de même. Célébrer la Pâque n’est pas seulement pour eux un moyen de se raccrocher par le sacrifice de l’agneau pascal au sacrifice d’Isaac. Cette fête était aussi plus que le souvenir de la libération de leurs ancêtres. C’en était le mémorial. Il faut bien comprendre cette notion de « mémorial ». C’est bien plus qu’une simple commémoration.

            Quand les Juifs célébraient un mémorial, ils revivaient spirituellement l’événement dont il était question. Ainsi en célébrant la Pâque, Marie et Joseph recevaient toutes les grâces qu’avaient reçues leurs ancêtres en suivant les indications de Moïse, jusqu’au passage de la Mer Rouge. En célébrant la Pentecôte, ils recevaient toutes les grâces qu’avaient reçues leurs ancêtres en étant auprès de Moïse quand Dieu lui avait communiqué les dix commandements.

            On peut se demander comment expliquer cela. Etait-ce événement passé qui était transporté jusqu’à eux? Ou bien étaient-ils transportés jusqu’à cet événement? Peu importe: dans l’ordre des sacrements, le temps et les distances sont comme abolis. Et l’on peut parler avec les plus grands docteurs de l’Eglise des sacrements de l’Ancien Testament, même s’ils sont différents de ceux de l’Eglise.

 

Mille ans comme un jour

            On ne doit pas sous-estimer cette capacité des Juifs à vivre leur histoire au présent. Quand les Juifs du ghetto de Varsovie se sont soulevés contre les Nazis, ils avaient sans doute conscience de revivre ce qu’avaient fait les défenseurs de Massada, préférant se suicider après un siège de plusieurs années, sachant qu’ils ne résisteraient pas au prochain assaut des Romains. Et les colons s’installant en Terre Sainte au XXème siècle revivaient ce qu’avaient fait leurs ancêtres au retour de l’exil à Babylone.

            Cette capacité à revivre le passé se double d’une capacité à prévoir le futur à l’aide d’événements significatifs du passé. Quand le prophète annonce qu’un enfant naîtra d’une jeune femme, il veut dire que la paix reviendra sans que Jérusalem soit détruite. Mais les Juifs ont compris, après que cette prophétie se soit accomplie, qu’elle annonçait un autre événement encore plus important: la naissance du sauveur, qui naîtrait d’une vierge. Et c’est pourquoi ils ont traduit le mot hébreux signifiant indifféremment jeune fille ou jeune femme par un mot qui veut dire vierge en grec, lorsqu’ils traduisirent l’Ancien Testament dans cette langue.

            Cette capacité à se projeter dans le futur à partir d’un événement passé nous permet de réexaminer le baptême de Jésus. Nous avons vu qu’il annonçait sa mort et sa résurrection. Mais en descendant au Jourdain il retrouvait le geste des Hébreux quittant l’Egypte et traversant la Mer Rouge avec Moïse, puis le Jourdain avec Josué. Ces deux événements à leur tour reçoivent pour signification d’annoncer que tout l’Israël ancien sera incorporé au Christ qui va vers sa passion.

 

Le sacrifice de Jésus

 

La mort et la résurrection.

            Jésus s’inscrit dans la logique des sacrifices et des fêtes de l’Ancien Testament, mais en leur donnant une signification et une force nouvelles. Il n’est pas venu abolir la loi, mais l’accomplir, dans ce domaine-là comme dans les autres. Il marque la continuité en instituant la messe pendant le repas où il mange l’agneau pascal avec ses disciples. Et il meurt sur la croix le lendemain, quand on s’apprête à célébrer la Pâque juive dans le temple de Jérusalem.

            Dans son sacrifice, il est à la fois le prêtre - celui qui sacrifie - et la victime - celui qui est sacrifié. Il insiste pour montrer qu’il est libre dans son sacrifice: c’est lui qui donne sa vie, personne ne la lui prend; s’il le voulait, son Père lui enverrait des légions d’anges; Pilate n’aurait sur lui aucun pouvoir si cela ne lui était donné « d’en haut ». C’est cette liberté et le fait qu’il est à la fois le prêtre et la victime qui donne à son sacrifice de remplacer tous les sacrifices précédents.

            Mais surtout il est le Fils de Dieu. Rien n’était digne d’être offert à Dieu, sinon son Fils. Ainsi l’offrande de Jésus à la croix rejoint l’offrande éternelle du Verbe de Dieu à son Père dans leur unique volonté, leur unique amour. Et le signe que le Père accepte ce sacrifice, c’est la résurrection de Jésus et son ascension qui y fait suite. Et la consécration qui marquait le peuple de l’Ancien Testament à partir du sacrifice d’Isaac et en lien avec celui de l’agneau pascal est totalement renouvelée par le don de l’Esprit-Saint à la Pentecôte, qui fait naître l’Eglise.

            Dans les sacrifices de l’Ancien Testament, la fumée qui montait vers le ciel signifiait que le sacrifice était agréé par Dieu. Le signe que le sacrifice de Jésus est agréé par son Père, c’est sa résurrection et son ascension qui la complète à nos yeux. Et les gens qui offraient un sacrifice étaient parfois aspergés d’un peu du sang de la victime (nous préférons le rite de l’eau bénite!). Cela symbolisait les grâces que Dieu leur donnait, comme en retour de ce qu’ils avaient offert. Dans le sacrifice du Christ, c’est la Pentecôte qui manifeste la pluie de grâce obtenue par Jésus.

 

Le mémorial du sacrifice du Christ

            En marquant la continuité avec l’Ancien Testament, Jésus a voulu nous montrer qu’il reprenait la doctrine du mémorial. La messe, ainsi, est son sacrifice "réactualisé", comme disent les théologiens, c’est à dire rendu présent et actif. Pour comprendre ce mot de "réactualisé", on peut penser au mot anglais "actually" qui signifie non pas "actuellement", mais "réellement". (Cela vient du latin des philosophes du Moyen-Âge, qui comprenaient qu’un être existe en plénitude quand il est "en acte", c’est à dire en train d’exercer toutes ses capacités, selon ce qui lui est donné par l’acte créateur de Dieu.)

            En bref, quand le prêtre célèbre la messe et dit les paroles de la consécration, c’est comme s’il déchirait le voile de l’espace et du temps, et aussitôt les fidèles sont face au Golgotha, au moment de la mort de Jésus, et face à tout ce qui y est lié. Donc on peut dire - et faire apprendre aux enfants:

« Quand je vais à la messe,

            je vais au Cénacle, quand Jésus dit:

                        "Ceci est mon corps,

                        ceci est mon sang,

                        vous ferez cela en mémoire de moi."

            Je vais au pied de la croix, quand Jésus dit:

                        "Père, pardonne-leur,

                        ils ne savent pas ce qu’ils font."

            Je vais dans le tombeau avec Jésus,

                        pour m’attacher à lui quand il ressuscite.

            Je vais sur la montagne de l’ascension,

                        pour qu’un jour il m’emmène auprès de son Père.

            Je vais parmi les disciples à la Pentecôte,

                        pour être rempli du Saint Esprit. »

            On rejoint là ce qu’on répond après la consécration, quand le prêtre ou le diacre proclame: « Il est grand le mystère de la foi! » Et l’on répond: « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. » Et cela nous amène à évoquer une certaine participation dans la messe au retour glorieux de Jésus à la fin des temps: un événement présent ou passé en annonce un futur.

            On voit là aussi combien l’eucharistie mérite son nom de "Saint Sacrement", parce qu’elle récapitule tous les autres sacrements. Nous avons été baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, et confirmés dans l’Esprit-Saint. Au mariage, on s’unit à Dieu par le conjoint... Bref, la messe est le moyen de réunir chaque jour toutes les grâces reçues pour la vie.

 

Le sacrifice de l’Eglise

 

La participation du prêtre et des fidèles

            Le ministre du sacrement de l’eucharistie est le prêtre, et bien sûr l’évêque. La consécration et les autres prières qui l’accompagnent depuis le sanctus jusqu’au Pater sont réservés à ce ministre. C’est lui aussi qui doit distribuer la communion. A titre exceptionnel, il peut se faire aider par des laïcs pour cette tâche. L’Eglise a prévu un ministère d’acolyte pour ceux qui distribuent habituellement la communion. Il faudrait que partout où quelqu’un exerce habituellement ce ministère, il soit effectivement préparé à recevoir l’acolytat, en se souvenant que même alors il n’a pas à remplacer le prêtre si celui peut s’en acquitter seul.

            Dans le missel romain en latin, il y a une belle prière qui explique bien la participation des fidèles à la messe. Il faut espérer que ce texte soit prochainement rétabli dans le missel romain en français. Il se situe à la fin de l’offertoire, quand le prêtre dit: « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise ».

            En fait le texte latin peut se traduire par: « Priez, mes frères, pour que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, devienne digne d’être agréé par Dieu le Père tout puissant. » Ce à quoi les fidèles répondent: « Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice, à la louange et à la gloire de son nom, ainsi que pour notre bien et celui de l’Eglise tout entière. » On voit que ce texte exprime quelque chose de très important de la véritable doctrine de l’Eglise sur la messe et la participation du prêtre et des fidèles à celle-ci.

            Le saint sacrifice de la messe est d’abord celui du prêtre, puisqu’il est avant tout celui du Christ, et que le prêtre l’offre en son nom. Mais il ne faut pas en déduire que ce n’est pas le sacrifice de tous les fidèles. Chacun doit s’y associer d’une certaine façon. Chacun doit en union avec le prêtre présenter le Christ à son Père.

            Le rôle primordial du prêtre se voit à ce qu’il est le seul à prononcer les paroles de la fin de la prière eucharistique. Le "Par lui, avec lui et en lui" marque en effet l’offrande de tout l’univers à Dieu, en union avec Jésus qui s’offre pour le monde. Seul le prêtre prononce ces paroles, car seul le Christ peut présenter à Dieu cette offrande. Mais ce rôle unique du prêtre n’empêche pas les fidèles d’y participer consciemment.

            Il s’agit avant tout d’une participation spirituelle. Les chants et les gestes qui expriment cette participation doivent être avant tout au service de cette dimension spirituelle. Le risque est grand de masquer l’acte spirituel par des chants ou des gestes centrés sur l’homme, sur ses aspects sociaux, culturels ou psychologiques. On ne choisit pas un lecteur d’abord pour qu’il représente une catégorie de fidèles, on le choisit pour lire et faire comprendre le texte; le reste est second. On ne choisit pas un chant d’abord parce qu’il plaît à l’assistance, on le choisit parce qu’il est apte à faire comprendre à cette assemblée le mystère qui est célébré. Et chacun doit participer de tout son être, corps et âme, de tout son cœur, à ces chants et à ces gestes. Les Occidentaux sont en général frappés de ce que les Africains savent se donner entièrement à ce qu’ils célèbrent.

 

Le cœur pur

            Donc ce qui était valable pour les sacrifices de l’Ancien Testament ne cesse pas d’être valable dans le sacrifice du Nouveau. On ne peut offrir un sacrifice si l’on n’a pas l’intention d’offrir son cœur, de s’offrir soi-même. Cette offrande de soi s’exprime à la communion, mais elle est déjà présente à la consécration.

            Et cela suppose d’avoir un cœur pur. On ne doit pas attendre d’avoir un cœur pur pour s’approcher de Dieu. Il faut au contraire s’approcher de Dieu pour qu’il nous purifie. Et c’est vrai que Jésus s’est offert pour le pardon des péchés. Donc à la messe nous sommes purifiés, à condition bien sûr d’en avoir vraiment le désir.

            Or pourra-t-on dire qu’on désire être purifié, si l’on ne recourt pas au moyen habituel d’être purifié de ses péchés? Ce moyen normal est le sacrement de réconciliation. On ne peut communier sans se confesser régulièrement et fréquemment. Cela explique que l’Eglise veut que la première confession des enfants précède leur première communion.

 

Le cœur offert

            Dans la cérémonie du mariage, les époux se disent l’un à l’autre: « Je me donne à toi. » Cela signifie: « Fais de moi ce que tu veux pour me transformer comme Dieu le veut. » Se donner à Jésus dans la communion signifie qu’on a la volonté de se laisser transformer par lui. Cela doit changer toute la vie en nous: vie morale, vie culturelle, etc.

            Jésus dit en effet: « Celui qui m’aime, mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, et nous ferons en lui notre demeure. » Et il précise: « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. »

            Et nous savons que c’est par l’Eglise qu’il nous rappelle ses commandements, qu’il nous les explique pour la civilisation du temps où nous vivons. Communier à la messe signifie qu’on a la volonté d’être "en communion" avec l’Eglise et spécialement avec le Pape: Jésus l’a chargé du discernement ultime dans l’Eglise.

            Et de même que dans le mariage on accepte que le conjoint à qui on s’est donné transforme notre personnalité, de même on doit admettre comme une conséquence logique de la communion de soumettre sa propre culture aux impératifs de l’union à Dieu. On accordera sa préférence à ce qui porte à une vie moralement bonne, et aux formes d’art, de spectacle et de distraction qui portent à la prière, notamment en musique.

 

Le monde offert

            Peut-on donner à Dieu autre chose que soi-même? Oui, car Jésus s’est offert en sacrifice « pour la multitude », c’est à dire pour le monde entier. Certes, on ne peut offrir que ce qui nous appartient, mais on peut présenter à Dieu toute l’humanité. C’est dans ce sens que des chefs d’Etat ont pu consacrer à Dieu ou à sa sainte Mère leur pays ou leur cité. Le résultat dépend bien sûr de la bonne volonté de chacun. Mais c’est une excellente façon de demander à Dieu des grâces pour ceux dont le salut nous tient à cœur.

            Ainsi le fidèle qui assiste à la messe y participera pleinement en y priant pour ceux qu’il aime, et en présentant à Dieu tous les besoins de l’Eglise et du monde. C’est là le sens de la "prière universelle" à la messe, après le credo. On voit donc combien on a raison de considérer la messe comme la source et le sommet de toute vie chrétienne.

 

 

 

 

L’Evangile pour aujourd’hui

            Celui qui est rendu présent dans l’hostie, c’est Jésus, mort et ressuscité. Mais ce Jésus est évidemment le même que celui qui a prononcé toutes les paroles et accompli toutes les actions qui sont rapportées de lui dans l’Evangile.

            C’est pourquoi la liturgie de la parole est indissociable de la liturgie eucharistique. Souvent dans les antiennes de l’office la liturgie romaine proclame: « Aujourd’hui... » Quand on lit dans l’Evangile de la messe tel ou tel miracle, ce miracle nous est comme rendu présent. Quand on y lit une parabole, c’est comme si nous nous glissions parmi les disciples de Jésus quand il la proclame pour la première fois.

            L’Eglise demande donc que ce soit un prêtre ou un diacre qui lise l’Evangile et qui le commente. Même dans l’homélie le prêtre se souvient qu’il agit « en la personne du Christ » et s’efforce de parler à ses auditeurs comme Jésus quand il commentait ses actes ou expliquait ses paraboles à ses disciples qui l’interrogeaient à l’écart de la foule.

 

Un mystère cosmique

            On pense souvent que la messe, c’est tous les dimanches. C’est faux. La messe, c’est tous les jours.

            Représentons-nous l’histoire du monde et de l’humanité comme une ligne. Elle n’est pas droite, elle est en arc de cercle, avec un sommet. La gauche de cette ligne, c’est le commencement du monde; la droite en est la fin. Le sommet est le moment où il est possible à l’homme de passer vers Dieu.

            Normalement, on aurait dû pouvoir passer vers Dieu à chaque instant de l’histoire de l’humanité. Mais depuis le péché originel, le monde est coupé de Dieu par l’homme, qui avait pourtant mission de tout rapporter à Dieu. C’est Jésus qui, par son sacrifice, a rétabli le contact entre le monde de l’homme et le monde de Dieu. Le sommet de l’histoire de l’homme, c’est la croix du Christ.

            Cette ligne de l’histoire du monde peut représenter aussi chaque année. Car le printemps symbolise la genèse du monde, comme l’hiver annonce sa fin. C’est pourquoi on célèbre Noël et Pâques une fois par an, pour sanctifier toute l’année par le mystère du Christ, comme le Christ a sanctifié toute l’histoire. Or le même symbolisme se retrouve dans chaque journée. Le matin comme le printemps évoque l’aurore du monde, et le soir comme l’automne en marque l’achèvement. C’est pourquoi chaque jour doit être sanctifié par la messe. L’obligation stricte ne s’applique qu’au dimanche. Mais il s’agit là du strict minimum.

            Les Orientaux, qui ont beaucoup plus que nous gardé le sens du symbole, insistent pour qu’on ne célèbre qu’une messe par jour, par autel et par prêtre. Si dans une paroisse il y a trois prêtres pour deux autels, un des prêtres ne dira pas la messe. Il faut que le symbole soit respecté. En Occident un prêtre ne peut pas dire la messe plus d’une fois par jour, sauf si le bien des fidèles l’exige absolument. On peut aller dans ce cas jusqu’à trois fois par jour. Au-delà, il faut une permission spéciale. En revanche, on attend du prêtre qu’il célèbre la messe chaque jour.

 

Un mystère permanent

            Quand Jésus dit: « Ceci est mon corps », il ne précise pas pour combien de temps. D’où la tentation, dans laquelle de nombreux chrétiens sont tombés au cours de l’histoire, de penser que l’hostie redevient du pain à la fin de la messe! Mais pourquoi mettre une limite au don gratuit de l’amour infini de Dieu? Si Jésus avait mis une limite, il l’aurait indiquée; et l’Esprit-Saint n’aurait pas permis que l’Eglise se trompe. Or dés les origines, on a apporté la communion aux malades, donc en dehors de la messe. Nous pouvons donc en être sûrs: la présence réelle demeure en dehors de la messe.

            L’Eglise le savait de tout temps, mais elle a pris peu à peu conscience de ce que cela impliquait. On a pris l’habitude de rendre un culte à l’hostie consacrée que l’on gardait pour faire communier les mourants; on a compris progressivement qu’il était bon de venir prier auprès du tabernacle où l’on conserve les hosties consacrées, et même de prier Jésus qui est présent dans ces hosties. Finalement on a prévu des cérémonies, les saluts du Saint Sacrement, pour exposer le Corps du Christ à l’adoration des fidèles, avec des ostensoirs pour bien montrer l’hostie.

            Il faut se souvenir que celui qu’on vénère en l’hostie n’est autre que Jésus-Christ, mort et ressuscité. Tout ce qu’on a dit sur le sacrifice du Christ peut être évoqué dans l’adoration du Saint Sacrement, même si cette adoration se fait en dehors de toute cérémonie. On peut à tout moment s’offrir à Jésus-Hostie, Fils de Dieu éternellement offert au Père. Que l’Esprit d’Amour ainsi nous introduise dans cette union mystique.

 

Marie et le culte de l’eucharistie

            Parfois, on dit de ne pas prier la Vierge Marie devant le Saint Sacrement exposé. C’est une erreur. Marie fait-elle autre chose dans l’Evangile que de montrer Jésus, aux bergers et aux mages à la crèche, aux disciples à Cana, etc.? Les artistes ne la représentent-ils pas le plus souvent présentant son enfant sur ses genoux?

            La Mère de Dieu est toute orientée vers son fils, il n’y a pas à craindre qu’elle nous en éloigne. Au contraire, Saint Louis-Marie affirme que le Christ étant venu jadis par la Vierge Marie, et Dieu ne changeant pas dans ses choix, c’est encore par elle qu’il viendra à la fin des temps. C’est donc toujours par elle qu’il vient en chacune de nos vies. Elle est d’un grand secours pour celui qui veut apprendre à prier son fils dans l’hostie.

            Saint-Louis-Marie conseille de l’inviter à accueillir en nous son fils quand nous communions. Elle qui est corédemptrice nous introduit dans le mystère du sacrifice de son fils et nous aide à nous y unir. On dit justement que sa présence au pied de la croix avait pour but de lui faire recevoir le sacrifice du Christ au nom de l’Eglise, afin de permettre à l’Eglise d’en faire le sien. Ce qu’elle a fait pour toute l’Eglise concentrée en elle au pied de la croix, elle le fait encore pour chacun de ceux qui le lui demandent: elle nous aide à faire nôtre le sacrifice de son fils; c’est là une façon de comprendre la parole de Jésus: « Voici ton fils; voici ta Mère. »

 

            Soyons donc conscients du trésor que Jésus nous a laissés dans la messe et recourons-y fréquemment. Ne nous contentons pas du strict minimum. Et aidons nos frères à vivre au moins dans ce minimum.

 

En Mer Rouge et à Eilat, à bord des avisos

Commandant Bouan et Commandant Blaison,

Fête-Dieu 1997.



13/04/2020
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